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Les micropolluants dans l’environnement - Quels risques ?

But du site internet

Le but de ce site internet est de mettre à disposition du public, des autorités ou des scientifiques, les informations les plus récentes sur les micropolluants dans les eaux: sources, comportement dans l’environnement, risque pour l’homme ou pour l’environnement.

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Un micropolluant : c’est quoi exactement ?

A notre connaissance, il n’existe pas de définition consensuelle du terme de « micropolluant ». Certains auteurs parlent d’ailleurs plutôt de polluant, de contaminant ou encore de xénobiotique. En 1983, Moriarty [1] définit un polluant comme « une substance présente en quantité plus importante que naturellement et qui résulte de l’activité humaine ». En se basant sur cette définition, on peut traduire le terme « micropolluant » comme un polluant présent en quantité très faible dans l’environnement, soit de l’ordre du microgramme par litre ( m g/l) ou du nanogramme par litre (ng/l), mais toujours en quantité plus élevée que naturellement. On parlera plus spécifiquement de xénobiotique lorsque ce polluant est étranger à la biocénose et donc issu uniquement de l’activité humaine. On distingue généralement les micropolluants inorganiques, constitués des métaux lourds, des micropolluants organiques comme les pesticides, médicaments, biocides, etc.

Les micropolluants organiques sont essentiellement issus de l’utilisation de substances produites par l’industrie chimique. Dans l’Union européenne sont répertoriées 100’204 substances existantes [2], 25% sont utilisées dans la synthèse d’autres produits chimiques, 14% sont des agents colorants, 8% des substances photochimiques et 6% des cosmétiques. Le reste est constitué de substances diverses. Entre 200 et 300 nouvelles substances sont homologuées chaque année. Notons qu’à ces 100’204 substances s’ajoutent les produits phytosanitaires, également appelés pesticides (herbicides, insecticides, fongicides,...), qui sont répertoriés différemment.

Toutes ces substances n’ont bien sûr pas la même probabilité de se retrouver dans les eaux. Les substances utilisées dans les synthèses, par exemple, sont peu susceptibles de contaminer l’environnement, sauf en cas d’accident. D’autres, comme les produits phytosanitaires, sont par contre appliquées directement dans l’environnement pour obtenir un effet ciblé. La probabilité de les détecter dans le milieu aquatique est donc beaucoup plus grande.

Pour caractériser la contamination des eaux par les micropolluants organiques, il est donc indispensable de bien connaître l’utilisation des différentes substances, de même que leur devenir environnemental.

Cependant, il faut noter que les micropolluants organiques susceptibles de contaminer l’environnement aquatique ne se limitent pas aux substances autorisées dans un pays ou sur un continent. En effet, certaines substances sont transportées par l’eau ou l’air sur de très longues distances et peuvent contaminer des régions où elles ne sont pas utilisées. De plus, les substances présentes dans l’environnement peuvent se dégrader. Les produits de dégradation (métabolites) peuvent également être considérés comme micropolluants.

La problématique des micropolluants organiques dans le milieu aquatique concerne donc un nombre important de substances chimiques, homologuées ou non dans les bases de données des différents pays. Dans une optique d’évaluation et de gestion du risque environnemental, il est donc indispensable de caractériser au mieux la pollution et les effets de ces différentes substances.

[1] Moriarty, F., 1983. Ecotoxicology: the Study of Pollutants in Ecosystems . Academic Press. London.

[2] European Chemicals Bureau